Courrier diffusé aux parents d’élèves, le 12 décembre 2019

Version française (english version below)

Chers parents,

Vous aurez tous reçu un message de M. Dolédec, Président du Comité de gestion du LFDD. Ce message oublie de préciser un certain nombre de points pourtant cruciaux.

Ce que le Comité de gestion ne vous dit pas, c’est que ce sont les salaires des personnels étrangers mais aussi les avantages en nature de tous les personnels, étrangers et kenyans, sur lesquels seront désormais prélevés les 30% d’impôts à la source. La garantie d’un salaire minimum de 2000 euros (seulement valable pour les enseignants) ne tient compte ni des cotisations sociales (retraites, mutuelles) ni des avantages en nature. Certains salaires risquent donc de tomber à 1600 euros, voire moins.

Pourriez-vous vivre à Nairobi avec un tel salaire ?

Ce que le Comité de gestion ne vous dit pas, c’est qu’à revenus constants (les 5% de hausse de frais de scolarité ne font que compenser le taux d’inflation actuel au Kenya), il ne pourra augmenter les salaires les plus bas qu’en réduisant ceux des personnels les plus expérimentés. C’est donc bien comme une mesure contre nos collègues avec de l’expérience, piliers de l’établissement, qu’il faut lire cette mesure.

Ce que le Comité de gestion ne vous dit pas, c’est que promettre une refonte de la grille salariale sans la présenter samedi, c’est nous demander à tous de lui signer un chèque en blanc. Or la confiance est rompue, et cela pour de multiples raisons :

Le Comité de gestion n’a aucunement tenu compte des propositions que nous, personnels, et vous, parents, avons faites, au cours des six derniers mois, pour trouver des solutions à la crise fiscale et financière actuelle, préférant accepter sans discuter la politique d’austérité imposée par l’ambassade de France et l’AEFE.
Le Comité de gestion actuel n’a pas hésité, en Conseil d’administration et sur les réseaux sociaux, à remettre en cause notre honnêteté et notre professionnalisme.
Le même Comité de gestion s’est arrogé le droit d’escorter hors de l’établissement, à la vue de tous, une collègue démissionnaire en poste, et dévouée au lycée, depuis plus de 20 ans. Le Comité de gestion a aussi mis fin au contrat d’un collègue, en poste au lycée depuis 9 ans, sans en expliquer les raisons et sans respecter les procédures de licenciement.
Le Comité de gestion et l’ambassade de France, perpétuant en cela une vieille tradition à laquelle nous ne tenons pas du tout dans le contexte politique kenyan actuel, demandent à nos collègues arrivés en septembre de continuer à travailler dans l’illégalité (avec un visa touriste) dans l’attente de leurs permis de travail.
Le Comité de gestion refuse de tenir les engagements pris par les Comités de gestion antérieurs, notamment en matière de cotisations retraite.
Le Comité de gestion, enfin, tout en remerciant des personnels en poste depuis des années au lycée, a créé deux nouveaux postes d’assistant de bassin et de diététicienne, dont la nécessité est très contestable en l’état actuel des choses.
De fait, le Comité de gestion est responsable du climat permanent de peur et de stress dans lequel nous vivons et travaillons actuellement, qui ne nous permet de travailler avec la sérénité nécessaire pour donner le meilleur de nous-mêmes à vos enfants.

Ce que le Comité de gestion ne vous dit pas, c’est que si les enseignants, même débutants, ne sont pas suffisamment payés pour vivre à Nairobi, les sommes consacrées par l’AEFE à leur formation seront gaspillées.

Ce que le Comité de gestion ne vous dit pas, c’est que nous avons tous été témoins des difficultés de recrutement de personnels ces dernières années et nous avons tous supporté le poids de leur renouvellement fréquent. Les salaires proposés après paiement des impôts au Kenya auront forcément comme impact immédiat le départ de nombreux personnels (entre 15 et 20 selon nos informations) et un renouvellement encore plus fréquent des équipes.

Les enseignants qui seront recrutés au LFDD à la rentrée prochaine ou pendant le reste de cette année scolaire pour remplacer les départs forcés, et auxquels il sera demandé de travailler plus de six mois de façon illégale avec un visa de tourisme, et avec un salaire qui ne leur permettra pas de vivre décemment à Nairobi, risquent fortement de quitter le lycée l’année suivante ou en cours d’année.

Dans ces conditions, comment fournir à vos enfants une éducation de qualité ?

Nous avons tenté de nous battre, sans être entendus. Ceci affecte profondément notre moral et notre santé. Trois collègues ont d’ores et déjà démissionné, d’autres ont dû se mettre en arrêt maladie.

Le 14 décembre, l’avenir du LFDD sera entre vos mains.

Contrairement à nos demandes, une seule proposition budgétaire sera soumise au vote.

Vous aurez le choix entre voter pour cette proposition, contre et vous abstenir. Si le nombre de voix en faveur du budget présenté est majoritaire par rapport au nombre de parents présents, le budget sera adopté.

Pour toutes ces raisons, nous vous appelons à venir nombreux à l’Assemblée générale de l’Association des parents d’élèves samedi 14 décembre et à VOTER CONTRE lors du vote du budget. Si vous ne pouvez pas être présent, vous pouvez remettre une procuration à un autre parent (chaque parent peut prendre deux procurations maximum).

Nous vous appelons aussi à être nombreux à interpeler le Comité de gestion et vous remercions une nouvelle fois pour votre confiance et votre soutien.

Les personnels du LFDD


English version

Dear parents,

You will all have received a message from Mr Dolédec, President of the LFDD’s board. This message omits a number of crucial points.

What the board does not tell you is that it is not just the salaries of the school’s foreign staff, but also the benefits received by all staff, foreign and Kenyan, that will from now on be taxed at source and at the rate of 30%. The guarantee of a minimum wage of 2,000 euros (only offered to teachers anyhow) does not take account of social contributions (pensions, complementary medical insurance) nor of benefits. Some wages are thus likely to fall to 1,600 euros or even less.

Could you live in Nairobi with that money?

What the board does not tell you is that with just about steady revenues (the 5% school fee increase will do no more than cover the current inflation rate in Kenya), they will only be able to increase the lowest salaries by reducing those of the more experienced staff. This equates to taking measures against our more experienced colleagues, who form the cornerstones of the school.

What the board does not tell you is that promising a review of the salary scale without actually presenting it on Saturday amounts to asking us all to give them a blank cheque. But trust has broken down, for many reasons:

The board has not taken account of the many proposals we, staff, and you, parents, have made over the last six months in order to try and solve the current tax and financial crisis. They are instead going for the austerity policy put forward by the French embassy and the AEFE.
The board has not hesitated, in Conseil d’administration meetings and on the social media, to question our integrity and professionalism.
The same board has felt empowered enough to escort out of the school, in view of all, a devoted colleague who resigned from a position she had held for more than 20 years. The board also dismissed a colleague, who had been in his position for nine years, without explaining why nor following the regular dismissal procedures.
The board and the French embassy, thus maintaining a long tradition we care little for in the current Kenyan political climate, continue to ask colleagues to work illegally (with tourist visas) while awaiting their work permits/work permit renewals.
The board refuses to assume the commitments taken on by previous boards, notably with regards to pension contributions.
The board, finally, while dismissing colleagues who worked for the school for years, has created new swimming assistant and dietician positions, whose necessity is highly questionable in the current state of affairs.
Indeed, the board is directly responsible for the climate of permanent stress and fear in which we live and work at the moment, and which does not give us the serenity we need to give your children our very best.

What the board does not tell you is that if teachers, even early career teachers, are not sufficiently paid to live in Nairobi, the moneys devoted by the AEFE to their training will be wasted.

What the board does not tell you is that we have all witnessed, over the last years, how difficult it is to recruit staff and we have all borne the brunt of a high turnover rate. The proposed, post-Kenyan tax salaries will necessarily entail the immediate departure of many members of staff (between 15 and 20, according to our sources) and an even higher turnover.

The teachers recruited over the coming months in order to cover forced departures, and who will be asked to work for more than six months illegally on tourist visas, with a salary that does not allow them to live decently in Nairobi, will most likely leave the following year if not during the schoolyear.

In these conditions, how can we/they provide your children with a quality education?

We have tried to fight, without being listened to. This has deeply affected our morale and health. Three colleagues have already resigned, and others have had to go on sick leave.

On 14th December, the school’s future will be in your hands.

Contrary to our request, only one budget option will be submitted for your approval.

You will have a choice between approving this budget, rejecting it, or abstaining. If there is a majority of votes in favour of the proposed budget relative to the number of parents present at the meeting, the budget will be adopted.

For all these reasons, we encourage as many of you as possible to attend the General Assembly of the Parents’ Association this Saturday, 14th December and to REJECT the proposed budget. If you cannot be present, you can grant another parent proxy (a parent can take up to two proxies).

We also call upon you to question the board with regards to its decisions and practices and thank you once again most warmly for your trust and support.

The LFDD Staff