Réponse de la FSU aux nouvelles directives de la direction relatives au départ des personnels

Le 24 Avril, en guise de ‘bonnes vacances’, la direction a fait suivre le courrier suivant à l’ensemble du personnel, avec de nouvelles directives encore plus contraignantes à l’encontre des personnels salariés en contrat de droit local qui relèvent de la législation kenyanne.

Madame, Monsieur,

Nous voulions avec toute l’équipe de direction, vous souhaiter des vacances les plus reposantes possibles.

Vous avez su relever le défi des six premières semaines d’enseignement en distanciel, et nous pouvons tous nous féliciter de cette première réussite.

Tous les représentants des parents d’élèves ont été entretenus en zoom, pour faire le point pédagogique et fonctionnel. Leur reconnaissance est réelle.
L’enjeu sera celui de nous retrouver sur la dernière période et penser ensemble nos concertations.

Malgré tout, vos vacances auront une saveur bien différente des précédentes, surtout dans un pays magnifique comme le Kenya.

Nous rappelons que les consignes Kenyanes, de l’AEFE, de l’Ambassade, et du LFDD concernant la mobilité et le maintien sur site, s’appliquent jusqu’à nouvel ordre.

Les vacances ne sont pas suspensives et les règles de distanciation sociale et de confinement restent évidemment en vigueur.

Les déplacements en dehors de Nairobi et en dehors du Kenya ne sont pas autorisées, sauf accord de votre employeur.

Les expatriés et les résidents, peuvent se rapprocher du Proviseur pour engager la démarche. Un document type est à remplir et à soumettre au poste et à l’AEFE.

Les contrats locaux peuvent faire une demande écrite comme prévue en pièce jointe, auprès du Proviseur et du Président du CG, qui donneront une réponse conjointe.
Seuls les dossiers médicaux dûment justifiés prévalent, quel que soit le statut.

Nous serons nombreux à travailler encore au LFDD, durant toute la période des vacances. Si vous avez donc besoin de quoi que ce soit, n’hésitez pas à nous contacter.

Vous souhaitant un repos mérité.
Bien Cordialement, L’équipe de direction.

La réponse envoyée à la direction et au président du comité de gestion le 27 Avril :

Messieurs,

Nous accusons réception de votre message de vendredi dans lequel vous indiquez que, pour les personnels en contrat local, “Les déplacements en dehors de Nairobi et en dehors du Kenya ne sont pas autorisés, sauf accord de votre employeur.” Nous tenons à souligner qu’il n’y a aucune base légale à votre ordre. En effet, soit l’isolement de Nairobi et des autres comtés kényans les plus touchés par le Covid-19 est maintenu (ce qui est maintenant le cas jusqu’au 18 mai) et aucun d’entre nous ne peut en effet quitter Nairobi, soit il ne l’est pas, auquel cas nos déplacements hors temps de travail ne regardent que nous et ne sont pas soumis à l’autorisation de l’employeur.

Nous regrettons une nouvelle fois l’autoritarisme dont vous faites preuve ici, a fortiori dans un contexte anxiogène. Comme vous le soulignez, nous avons fait preuve d’un grand professionnalisme ces dernières semaines et nous sommes nombreux à avoir fait le choix conscient de rester à Nairobi en dépit de l’incertitude de la situation sanitaire et sécuritaire du Kenya et de l’absence presque totale de communication de la part de l’ambassade de France les premières semaines et en prenant le risque, pour certains, d’être séparés de nos familles pendant des semaines, voire des mois et de ne pas pouvoir nous rendre auprès d’elles en cas de maladie ou de décès. Le fait que l’APE ait pu adopter une décision salariale, en décembre dernier, qui a mis sens dessus-dessous les vies de nombre d’entre nous ne vous donne aucunement le droit de régir nos vies privées et notre temps de loisir de la manière que vous suggérez ici.

Nous appelons donc nos collègues à ne pas suivre les consignes que vous détaillez ici le jour où l’isolement de Nairobi sera levé. Nous vous demandons également d’enfin faire preuve d’humanité dans votre gestion des ressources humaines dans le contexte actuel : nous avons certes tous à cœur le bien-être de nos élèves, mais cette situation, au-delà de considérations sécuritaires et sanitaires, crée des dilemmes, voire des déchirements, sans précédent que nous vous demandons de bien vouloir prendre en considération une fois pour toutes.

Nous notons par ailleurs que ceux d’entre nous en contrat local n’ont toujours pas reçu leur salaire du mois d’avril ce lundi 27 avril à midi. Nous espérons que nos salaires seront versés d’ici la fin de la journée et que de tels retards ne se renouvelleront pas et notons que ce délai, ainsi que des erreurs systématiques dans des avenants signés récemment, mettent à mal les garanties mises en avant par le CG quant au paiement de nos salaires et indemnités de départ jusqu’au 31 août.

Très cordialement,
Les personnels FSU du LFDD