Courrier envoyé le 16 juin au directeur de l’AEFE

A l’attention de Monsieur le Directeur de l’AEFE

Objet : Réponse au courrier du DRH sur les congés d’été

Depuis la fermeture du lycée lundi 17 mars, l’ensemble du personnel s’est engagé pour assurer la continuité pédagogique avec un professionnalisme souligné par la direction et les parents d’élèves. A ce jour, nous avons effectué douze semaines d’enseignement à distance. Les autorités kenyanes ayant fermé leur espace aérien et imposé un isolement de la capitale,assorti d’un couvre-feu, l’ensemble des personnels a donc travaillé dans des conditions difficiles sans avoir la possibilité de voyager ou de rentrer en France lors des congés de printemps. Le Président du Kenya a décidé de prolonger la fermeture des frontières et l’isolement de Nairobi jusqu’au 7 juillet, sans aucune garantie de réouverture par la suite. Au regard de la progression de l’épidémie au Kenya, nous sommes peu optimistes sur l’assouplissement de ces mesures à court terme.

Il apparait donc plus que nécessaire que les personnels puissent rentrer en France auprès de leur famille pour se ressourcer, effectuer les examens médicaux, respecter le droit de garde du parent vivant en France durant ces congés d’été. Ce temps de repos personnel apparaît d’autant plus salutaire que l’engagement des équipes dans l’enseignement à distance a été souvent difficile à gérer, tant sur le plan professionnel que familial, suscitant angoisse et épuisement.

Afin d’envisager une rentrée sereine, tous les personnels, y compris de direction, ont besoin de retrouver leurs proches dans une coupure véritable avec leur environnement professionnel. La rentrée de septembre s’annonce incertaine dans un contexte de crise. La possibilité d’une réouverture de l’école dépend des décisions du gouvernement kenyan, qui ne seront pas prises avant le 15 août. En effet, les projections des épidémiologistes situent le pic de l’épidémie au cours des mois d’août et septembre, ce qui invite à la plus grande prudence sur les conditions de retour à l’école. Nous nous attendons donc à devoir remettre en place des modalités d’enseignement complexes (distanciel, présentiel) avec des élèves qui arriveront de manière échelonnée.

Par ailleurs, si nous comprenons tout à fait les inquiétudes financières de l’agence, nous déplorons l’absence de bienveillance de la part de l’AEFE malgré le discours affiché. Nous dénonçons également le distinguo jésuitique établi par la direction de l’Agence entre le droit au congé et la liberté de circulation qui ne relèverait pas de l’AEFE. Or les injonctions répétées pour réduire la mobilité des personnels deviennent de moins en moins compréhensibles avec la fermeture de l’école jusqu’à la rentrée prochaine. De plus, la nécessité d’effectuer une quatorzaine à l’arrivée en France puis une seconde quatorzaine lors du retour au Kenya amputera sensiblement les congés d’été qui sont pourtant particulièrement importants dans ce contexte afin d’accueillir nos élèves dans les meilleures conditions pour une nouvelle année scolaire.

Dans cette période sans précédent, vous conviendrez sans peine que les personnels ont besoin d’un soutien réel de leur employeur et d’un respect de la durée totale de leurs congés. Dans cet esprit, nous demandons la mise en oeuvre d’une rentrée échelonnée, offrant par exemple la possibilité de poursuivre l’enseignement à distance pendant cette période de quatorzaine à la rentrée de septembre 2020. Cela semble d’autant plus raisonnable que ni la direction ni le poste diplomatique ne sont en mesure de garantir une réouverture du lycée début septembre.