Journée de grève du 14 Mai

Tract distribué aux parents d’élèves, suite à la journée de grève du 14 Mai 2019.

La question des impôts

Jeudi 25 avril, le Comité de Gestion (CG) a informé l’ensemble du personnel en contrat local qu’à partir de septembre, ils auraient à payer leurs impôts au Kenya sur leurs salaires et sur les acquis sociaux négociés depuis des années, le tout à hauteur de 30%, avec une compensation minimale qui va vous être présentée ce soir. Si nous ne remettons pas en cause le principe, en l’absence d’accord fiscal entre la France et le Kenya pour les personnels en contrat local, nous rejetons les méthodes (décision annoncée très tardivement dans l’année, compensation trop limitée pour permettre à certains d’entre nous de vivre dignement de leur salaire, remise en cause d’acquis obtenus, pour certains, il y a plus de 10 ans).

La question des permis de travail

Au même moment, le CG nous informait qu’un nouvel accord de coopération signé entre la France et le Kenya allait entraîner une modification des modalités de demande de permis de travail pour les personnels du lycée. Les nouvelles modalités proposées par le CG créent une différence de traitement entre les personnels selon leur nationalité, ce que nous trouvons inacceptable.

Autres questions

Au-delà de ces deux questions centrales, le CG, tout en parlant « d’attractivité et de fidélisation », souhaite remettre en cause la prime d’ancienneté versée aux personnels en contrat local. La grille salariale des personnels en contrat local serait dorénavant établie en shillings kenyans, créant ainsi une différence de traitement avec nos collègues en contrat résident ou expatrié.

Le résultat d’années de mauvaise gestion

Depuis des années, le LFDD vit sous le risque d’un redressement fiscal résultant d’une mauvaise gestion. Alors que le Kenya Revenue Authority (KRA) n’a fait aucune demande en ce sens, le CG a soudainement décidé que tous les personnels en contrat local du lycée devraient payer leurs impôts au Kenya plutôt que dans leur pays d’origine comme ils en avaient la possibilité jusqu’à maintenant. En d’autres termes, le CG souhaite utiliser ce levier afin de négocier un allègement ou une suppression pure et simple des pénalités financières que le LFDD risque de payer.

Livrons les personnels en pâture afin de limiter la casse liée aux années d’errance fiscale des gestionnaires du lycée !

Ce que vous devez aussi savoir, c’est que ces dernières années, plusieurs Directeurs Administratifs et Financiers (DAF) de l’AEFE se sont succédés sans avoir pu mener à bien leurs missions à cause de la lourdeur de fonctionnement et de l’amateurisme des représentants des parents qui se sont succédés au CG. On ne s’improvise pas gestionnaire d’un établissement scolaire. L’an dernier, l’AEFE a donc décidé de suspendre le poste de DAF pendant une année, le temps que le Comité de Gestion se remette en cause et que les instances puissent retrouver un fonctionnement normal.

Face à l’absence de remise en cause du CG, le poste de DAF a été supprimé par l’AEFE. Il est à noter que les représentants des parents, des élèves et des enseignants ont tous voté contre la suppression du poste de DAF lors d’un Conseil d’Établissement. La direction de l’école a voté pour. Un ancien membre du CG a été recruté sur le poste de DAF, ce qui devrait aussi poser question. Suite à ce recrutement, les frais de structure ont très fortement augmenté du fait du recrutement de nouveaux personnels comptables et administratifs et d’un cabinet de conseil.

Nos représentantes au Conseil d’Administration ont exprimé notre mécontentement à l’égard de ce fonctionnement à plusieurs reprises, sans résultat. Une lettre ouverte dénonçant le manque de démocratie et de transparence du CG a également été signée par la grande majorité du personnel et envoyée aux membres du CG avant les vacances.

Nous vous invitons, vous, parents, à également poser des questions sur la manière dont les frais de scolarité de vos enfants sont gérés.

Si le Comité de Gestion n’a pas les compétences pour gérer cet établissement, ne devrait-on pas demander à l’AEFE de gérer directement cette école ?

Ce que nous refusons :

Nous rejetons le calendrier de mise en conformité fiscale proposé et refusons fermement de nous retrouver devant le fait accompli: à cette période de l’année, il est impossible pour nous de trouver un nouvel emploi (au Kenya ou ailleurs) pour l’année scolaire à venir et nous sommes donc condamnés à rester une année de plus au LFDD dans des conditions financières inacceptables qui vont mettre certains collègues (y compris les collègues nouvellement recrutés pour l’année scolaire à venir) dans une grande détresse financière.

Nous refusons de servir de monnaie d’échange avec le KRA.

Nous refusons toute mesure qui menacerait, notamment, le statut légal de certains personnels au Kenya et les acquis sociaux obtenus au cours des années pour fidéliser les personnels.


Ce que nous souhaitons :

– Nous souhaitons tout d’abord un moratoire d’une année scolaireavant la mise en place de ces mesures (si elle doit avoir lieu) afin que nous puissions négocier un accord. Ce moratoire permettra aussi aux personnes qui le souhaitent de trouver un poste dans un autre établissement.

– Nous souhaitons que le CG assume ses responsabilités d’employeuren assurant de bonnes conditions de vie et de travail pour tous et en se gardant de remettre en cause les acquis sociaux.

– Nous souhaitons également que le CG réponde enfin à nos demandes de plus grande transparence et écoute. Nous avons, par exemple, fait des propositions pour améliorer la prise en charge de vos enfants et nos conditions de travail (demande d’un poste de psychologue scolaire, aménagements de certains services trop lourds au secondaire, plus grande transparence dans la gestion des ressources humaines etc.). La direction et le Comité de Gestion ont pourtant préféré renforcer les structures administratives et comptables plutôt que de répondre à ces demandes.

Cela vous concerne !

Ne nous voilons pas la face, au vu des propositions qui ont été présentées avant les vacances, la plupart des personnels en contrat local n’auront pas d’autre solution que de quitter le lycée dès que possible. C’est alors la qualité et la continuité de l’enseignement et de l’encadrement dispensés à vos enfants qui en souffriront.

Le lycée est déjà très peu attractif par rapport à d’autres établissements, il en résulte un nombre très faible de candidats qui postulent chaque année et un turn-over important. Beaucoup de collègues jettent l’éponge après une année seulement à cause des nombreux problèmes déjà existants et du coût de la vie à Nairobi.

Cette journée de grève nous a permis d’échanger au sein de quatre assemblées thématiques et de préparer, ensemble, des contre-propositions que nous présenterons au CG ce jeudi.

Nous comptons sur votre soutien car ce lycée a besoin de personnel qualifié et d’une équipe stable pour fonctionner correctement.

Des choses à savoir avant de postuler au Lycée Denis Diderot

  • A cause des embouteillages fréquents, il est fortement recommandé d’habiter autour du lycée.s
  • Le lycée est situé dans un quartier plutôt calme, mais malheureusement les cambriolages peuvent être assez fréquents. Il faut donc être très prudent au quotidien et s’assurer de la sécurité du lieu où vous allez habiter (gardiennage efficace, barreaux aux fenêtres, portes ou fenêtres efficaces, etc…).
  • Les loyers sont assez élevés, compter 750 euros pour un appartement de 2 chambres non meublé. Les contrats locaux touchent une prime de logement de 300 euros par mois, le montant de cette prime n’a pas évolué depuis des années (et ce n’est pas faute de demander sa valorisation au Conseil d’Administration).
  • Les coupures d’électricité ne sont pas trop fréquentes (une à deux par semaine en moyenne, avec des périodes parfois plus compliquées), et il faut faire attention à ce que l’approvisionnement en eau soit effectué de façon régulière. Certaines résidences sont équipées de groupes électrogènes (mais les loyers y sont bien plus élevés).
  • Internet fonctionne très bien (fibre optique) et le réseau 4G est très développé dans le pays.
  • On trouve quasiment de tout dans les supermarchés. Bien entendu, les produits importés sont bien plus chers qu’en France. Le Kenya n’est pas un pays forcément bon marché. L’installation n’est donc pas compliquée, mais un peu onéreuse.
  • Si vous souhaitez faire venir un déménagement, il vous faudra attendre d’avoir votre Work Permit (voir ci-après pour les délais d’obtention).
  • L’importation d’animaux domestiques est très réglementée et peut être onéreuse.
  • Le Kenya est un pays agréable où il est facile de voyager, y compris avec de jeunes enfants, grâce à des infrastructures touristiques très développées et un réseau de santé fiable.
  • La position géographique de Nairobi, à une altitude de 1 800 m lui assure également un climat agréable dans l’ensemble (même si, réchauffement climatique oblige, celui-ci a été moins prévisible et que nous avons donc connu de longues pluies en 2018) et réduit fortement, voire annule, le risque de paludisme ou dengue.
  • Le lycée propose un programme d’enseignement de la langue anglaise très développé qui permet à tous les enfants de rapidement atteindre un bon voire très bon niveau dans cette langue (le swahili est également enseigné au primaire).
  • Au lycée beaucoup de projets sont proposés aux enseignants du primaire et du secondaire. Même si vous n’êtes pas obligés d’y adhérer, tous ces projets auront forcément un impact sur vos cours. De plus, des projets mis en place par d’autres collègues auront aussi des impacts (élèves absents, etc…).
  • Si vous faites une demande de bourse interne, rien ne garantira que cette bourse vous sera octroyée chaque année (donc méfiance par rapport à ce que la direction pourra vous dire). Le montant attribué dépend en particulier du nombre de personnes concernées. Dans tous les cas, vous aurez à payer les frais de scolarité qui sont élevés.
  • Si vous postulez sur un poste de résident ou d’expatrié, l’ambassade de France vous délivrera un passeport de service.
    – Vous entrerez au Kenya avec un visa de courtoisie.
    – Dès votre arrivée, après avoir fourni les papiers demandés, le lycée fera une demande de Work Permit.
    – Le délai d’obtention de ce Work Permit sera d’environ 2 à 3 mois.
    – Si vous achetez un véhicule avec votre passeport de service, après avoir eu votre Work Permit, il faudra acheter un véhicule en plaque ‘rouge’ ou bien attendre plusieurs mois pour le changement des plaques d’immatriculation (avec bien entendu interdiction de rouler pendant ce temps).
    – A noter que votre conjoint et vos enfants devront faire une demande de dependant pass pour être aussi en règle et cela prendra du temps.
    Attention,  le PACS, le concubinage ou l’union libre ne sont pas reconnus au Kenya.
    Le compagnon ou la compagne sans activité ne pourra bénéficier d’un dependant pass.
    – De plus, s’il souhaite travailler en contrat local, votre conjoint devra effectuer les démarches indiquées ci-après.
  • Si vous postulez sur un poste en contrat local, le lycée vous demandera de venir avec un visa de tourisme que vous pourrez prendre via internet et qui vous sera remboursé.
    – Dès votre arrivée, après avoir fourni les papiers demandés, le lycée fera une demande de Work Permit.
    – Le délai d’obtention de ce Work Permit sera d’environ 5 à 6 mois.
    – A la date de mise en ligne de ce texte, les collègues qui ont été recrutés cette année n’ont toujours pas de Work Permit.
    – A partir du 3ème mois, et chaque mois, il vous faudra faire prolonger votre visa de tourisme. Normalement pris en charge par le lycée.
    – A noter que votre conjoint et vos enfants devront faire une demande de dependant pass pour être aussi en règle et cela prendra du temps.
    Attention,  le PACS, le concubinage ou l’union libre ne sont pas reconnus au Kenya.
    Le compagnon ou la compagne sans activité ne pourra bénéficier d’un dependant pass.
  • Dans les deux cas (que vous soyez en contrat local ou résident/expatrié), avant l’obtention de votre permis de travail (Work Permit), donc pendant 2 à 6 mois environ, et si rien ne change par rapport à ce que nous vivons actuellement  :
    – Vous n’aurez aucune information sur l’état d’avancement de votre dossier de la part de l’administration du lycée.
    – Chaque année, des dossiers se perdent et donc des collègues doivent reprendre la procédure au début.
    – Vous serez en complète infraction avec la loi kenyane car il est strictement interdit de travailler au Kenya sans Work Permit.

    Il faut savoir que depuis quelques mois, le gouvernement kenyan accentue les contrôles et les expulsions du pays (même si à ce jour, aucun collègue n’a été condamné).
    – Le lycée vous demandera de mentir aux autorités (police, immigration) et de ne pas indiquer que vous travaillez au lycée.
    – En effet, si vous travaillez au Kenya sans Work Permit, vous serez passible d’une amende ou de prison.
    – Enfin, vous aurez à payer le prix fort pour les entrées dans les parcs pour les safaris (50 à 85 dollars par jour et par personne pour un touriste, 10 dollars pour un résident), ce qui va fortement limiter vos possibilités de visites dans le pays.

    Une page de l’ambassade à ce sujet :
    https://ke.ambafrance.org/Le-permis-de-sejour-sejour-superieur-a-3-mois`
  • Le problème se répètera au bout de deux ans pour le renouvellement de votre permis de travail, puisque chaque année des collègues se retrouvent de nouveau sans papiers en règle, faute de renouvellement effectué dans les temps par l’administration.

Heure d’information syndicale

Une heure d’information syndicale est organisée  mardi 9 octobre de 13h15 à 14h10 en salle 96, afin de vous faire un retour sur les réponses apportées aux questions posées à la direction vendredi dernier, et de faire le point sur les différents sujets en cours (mobilité forcée des résidents, etc…).
Tous les personnels enseignants sont cordialement invités, quel que soit leur statut ou leurs accointances syndicales.
Nous souhaitons une réunion la plus ouverte possible !

L’heure d’information syndicale est un droit des salariés, c’est à dire qu’elle est payée.