Courrier envoyé au personnel le 10 juillet et réponse du SNES

Le 10 juillet 2020, l’ensemble du personnel du lycée français a reçu un courrier assez étrange signé par l’équipe de direction et le comité de gestion.
Voici son contenu :

Chers personnels du LFDD,
Comme vous le savez désormais, par décret présidentiel, tel qu’annoncé par le Président Kenyatta le 6 juillet 2020, aucune école ne rouvrira ses classes en présentiel au Kenya avant janvier 2021, et cela concerne aussi le LFDD.
Nous comprenons bien que cette situation ne sera pas facile à vivre, autant pour les parents et les élèves, que pour tous les personnels du LFDD, qui sont souvent eux-mêmes des parents d’élèves.
Vous avez effectué un travail admirable depuis mars 2020, et avez bien mérité ces quelques semaines de vacances.
La prochaine rentrée va être encore plus exigeante, avec comme objectif crucial d’attirer de nouveaux élèves et de conserver autant d’élèves actuellement inscrits que possible. Le comité de gestion et l’équipe de direction vont travailler sans arrêt au cours des mois de juillet et août pour nous assurer que le lycée est prêt pour cette rentrée hors nomes et que les finances de l’école lui permettent de survivre à cette crise sans précédent. C’est en effet ni plus ni moins de la survie du LFDD qu’il est question.
A ce titre, il est indispensable que les élèves puissent bénéficier d’une présence accrue de tous les enseignants, plusieurs fois par jour, par visioconférence. Les emplois du temps des élèves seront les mêmes que si l’enseignement se faisait en présentiel, et chaque créneau horaire sera occupé par l’enseignant responsable du sujet de ce créneau. Toutes les matières seront assurées comme en présentiel.
Ceci ne sera faisable que si tous les enseignants et personnels du LFDD sont à leur poste, dans l’école, dans leur classe, au quotidien. Le président Kenyatta a en effet autorisé le retour des enseignants à l’école, et nous attendons donc que chacun soit à son poste. Il en va de même pour l’AEFE à l’égard des personnels expatriés et résidents.
Cette rentrée ne sera pas comme les autres. Un très gros travail de préparation devra être accompli qui ne peut se satisfaire des quelques jours de prérentrée qui suffisent habituellement. Nous demandons donc à tous les personnels d’être présents au LFDD pour cette préparation dès le 17 août 2020. Ces jours passés à préparer la rentrée ne pourront pas être payés en heures supplémentaires si vos contrats prévoient que vous soyez en vacances, en raison de la situation financière de l’établissement. Ils pourront en revanche être récupérés à une période qui devra être discutée avec votre superviseur direct et nous espérons pouvoir compter sur votre compréhension en ces temps exceptionnels.
Des masques seront disponibles pour tous et du désinfectant placé aux endroits stratégiques pour votre usage, afin que chacun soit en pleine sécurité.
Nous vous invitons à nous contacter directement et dès que possible si vous anticipez connaître des difficultés pour être à votre poste le 17 août, afin que des compromis soient trouvés pour le meilleur déroulement possible de la rentrée.
Vous souhaitant les meilleures vacances possibles,
Cordialement l’équipe de direction et le comité de gestion

Après consultation des instances centrales du SNES, voici le message que nous avons diffusé à l’ensemble du personnel :

Bonjour à tous,

Nous aurions préféré, comme vous tous, profiter de nos vacances bien méritées après 14 semaines d’enseignement en distanciel mais au vu des communications récentes du Comité de gestion et de la Direction, il nous paraît important de clarifier certaines choses. Nous avons consulté le SNES Hors de France qui confirme plusieurs choses.

1) Les courriers envoyés n’ont aucune valeur, tant pour des questions de forme que de fond. Sur le fond, en particulier, le calendrier scolaire ne peut en aucun cas être modifié sans un vote du Conseil d’établissement. La date du 17 août pour une pré-rentrée hypothétique n’a donc aucun fondement, et cela d’autant plus que tous les personnels nouvellement recrutés en contrat local ne pourront pas commencer leurs contrats avant le 1er septembre. Il n’est pas non plus légal de demander aux personnels de travailler gratuitement (la possibilité de récupérer des congés n’existe pas pour les enseignants, notamment). L’exigence faite aux personnels de travailler dans les locaux du lycée, enfin, fait courir un risque sanitaire à tous les personnels comme nous l’avons vu récemment avec le cas de l’école de St Andrews à Turi, et, surtout, fait fi des obligations parentales de nombre de personnels dont les enfants devront eux aussi continuer leur scolarité en distanciel (le courrier envoyé aux parents reconnaît bien que les enfants les plus jeunes continueront à avoir besoin d’une aide logistique pour passer toutes ces heures promises devant un écran).

2) Pour ce qui est de ce calendrier revisité ou du programme quotidien et des promesses pédagogiques envoyées aux parents d’élèves, le Comité de gestion s’immisce dans le champ pédagogique (en l’absence de toute consultation, qui plus est, avec les équipes pédagogiques) qui n’est pas de son ressort alors même que nous l’avions déjà alerté à plusieurs reprises à ce sujet. Nous n’avons, semble-t-il, pas été entendus par M. Keirel et allons donc en référer directement à l’agence.

Le SNES Hors de France va dénoncer cette situation à l’AEFE et nous préparons nous aussi un courrier pour faire état de notre très grande inquiétude face à ces pratiques illégales et aux trop nombreux problèmes de gouvernance de l’établissement depuis la rentrée 2019. Nous vous encourageons fortement à ignorer le courrier qui vous a été envoyé par M. Keirel le 10 juillet et à profiter de vos vacances avant la prérentrée du 1er septembre.

Le bureau du SNES-Nairobi